Le bruit de fond de l'Histoire : ces chansons qui ont fait la France

Étonnant voyage dans le temps et dans l'humour qui descend le chemin de l'Histoire,
s'arrêtant à quarante-deux stations, à quarante-deux chansons. Et ça commence aux
époques des moyens-âges brumeux des peurs, des religions et des superstitions, avec
la cantilène de Sainte-Eulalie, première chanson française, pour se terminer dans les
tranchées des «poilus» de la der des ders qui se mutinent avec la chanson de Craonne.
Et ces quarante-deux chansons ont ça de particulier que non seulement elles portent
l'Histoire, mais souvent l'accompagnent et parfois la déclenchent. Car les aristocrates
à la lanterne de la chanson «Ça ira, ça ira» ne dit pas seulement les aristocrates au
gibet, elle les y accroche. Littérature orale du peuple des temps analphabètes, ces chansons
vont gagner les rues, les faubourgs, les hameaux et les consciences. Et à travers
ces couplets, on voit naître tous les «ismes» : le fanatisme ou l'antimilitarisme, le socialisme
ou le féminisme. Exemple de la mise en chanson de l'assassinat du juge Fualdès
va naître peut-être le populisme du fait divers. Et du Rhin allemand, qui sait, le nationalisme.
Et qui sait aussi si les fantômes des croisés et des sans-culottes, des évêques et
des philosophes de Louis XV et de Chateaubriand ne viendront pas intenter un procès
à nos auteurs. Qui sait ?