Hans et le petit chaperon rouge

Oui, c'est un livre de musiques, de mouvements, de couleurs,
c'est une épopée cinématographique où l'on rêve de David Lean
comme réalisateur. Autant le dire d'entrée, Hans et le petit Chaperon
rouge est un ouvrage pour tous, limpide, facile à appréhender, très
distrayant et instructif mais cependant d'une extrême complexité.
Nous le savons, il existe des auteurs qui écrivent pour un
cénacle. Les mots y sont biscornus, les phrases distordues, les idées
confuses pour les profanes.
Chez Thérèse Zrihen-Dvir, rien de tout ce fatras, le dessein
comme le dessin d'Hergé est une «ligne claire». Cependant les
personnages, les situations, les actions sont porteurs de petits
cailloux semés comme des pièces de puzzle qui, à la fin, donnent
de la réalité une perception plus intense. Sans s'en rendre compte,
par notre lecture, nous participons à l'élaboration d'un gigantesque
plan général. Les choses sont troubles, la vie est une énigme mais
nous pourrons au moins nous repérer dans le labyrinthe.
Jean-Marc Desanti