Résidence en terre brûlée

Résidence en terre brûlée
Les conflits armés « à l'Africaine » ressemblent à des rames de feu qui embrasent
tous les recoins des sociétés, en dépouillant la psychologie des êtres. Chacun
subit sa part de dérèglement des sens, les uns plus que les autres, les bourreaux
et leurs proies marqués sous des apparences pacifiques. Ce dérèglement des sens
resurgit, parfois sans crier gare, avec plus de violence et de cruauté : entre une
femme, victime de guerre, et un spécialiste des sciences humaines engagé par un
organisme international de charité, venu pour « recoudre le tissu social ébranlé ».
Face à face, durant les entretiens, les rôles s'inversent : c'est la femme qui se met
à « psychanalyser » le spécialiste.
Les traumatismes de la guerre sont saisis ici dans leur réalité brute, loin
des complaintes habituelles. L'auteur s'appuie même sur un humour subtil
qui redonne une couleur humaine aux personnages, survolant ainsi leurs
déséquilibres.
Résidence en terre brûlée s'élève en silence comme un vaste chant qui
revendique la vie, signe de l'infini de l'espoir.