Moi, je laisse faire, je regarde les étincelles : cinq conférences sur la psychanalyse d'enfants

«Question d'une étudiante : Tu as raconté une histoire
où Michel Guibal a invité un clochard à parler, et
ensuite une histoire avec un petit garçon qui invite une petite
fille à voir le feu d'artifice d'un train qui déraille. Qu'aurais-tu
fait face à ce petit garçon ?
Éric Didier : Moi, je laisse faire, je regarde les étincelles.
P<sup>r</sup> Huo Datong : Tu n'aurais pas invité le petit garçon à parler,
à dire pourquoi il voulait faire ça ?
É. D. : C'est compliqué comme question, c'est très personnel.
Je lui dirais sûrement que l'idée est excellente, qu'il va éblouir
la petite fille, mais je le mettrais en garde en ajoutant que les
grandes personnes ne vont pas comprendre, qu'il s'exposerait à
un très grand danger et que ça serait dommage que leur histoire
d'amour s'arrête, parce que le chef du village l'aurait mis en
prison. Donc je lui dirais de ne pas le faire, de trouver autre
chose, mais ça, ce n'est pas une parole d'analyste, c'est une parole
de citoyen.»
Tutoiement de rigueur et amour des commencements. Ces
Cinq Conférences sur la psychanalyse d'enfants , prononcées
par Éric Didier en l'an 2010 à l'université du Sichuan à
Chengdu, en Chine, réjouiront ceux qui aiment la psychanalyse
quand elle réinvente la dynamite du transfert. Face
à un auditoire neuf, une gerbe d'étincelles, une fontaine de
jouvence.