Etude sur La chartreuse de Parme de M. Beyle

Honoré de Balzac fut le premier, parmi ses contemporains,
à mesurer pleinement et précisément le génie de Stendhal.
Ce texte est essentiel à plus d'un titre. Il nous montre à quel
point Balzac fut un grand critique, combien il sut lire ses
confrères autant qu'il sut observer ses contemporains.
Il introduit son propos par des analyses générales qui sont
celles d'un grand poète et d'un grand savant. Quant à
Stendhal, non seulement, il loue son travail comme personne
avant lui, mais il analyse en détail ce qui participe à la réussite
du romancier.
Balzac a lu trois fois La chartreuse de Parme avant de se
mettre à rédiger. C'est là un travail rigoureux, scrupuleux,
dont les mises en perspectives demeurent d'une intelligence
et d'une justesse qui nous enchantent. Car, oui, Balzac voit
en Stendhal un "enchanteur", ce qu'il fut tout autant.
Il rejeta l'idée de décadence de l'art littéraire et il trouve
justement dans le roman de Stendhal une synthèse nouvelle,
une invention telle, qu'elle le conforte dans son idée du
renouvellement inévitable de la création.
Ce texte est paru dans la Revue Parisienne (25 septembre
1840). Il ne fut repris en volume séparé qu'en 1989 chez
Climats, édition depuis longtemps épuisée.