Le jeu mondial dans les Balkans : les relations gréco-yougoslaves de la Seconde Guerre mondiale à la Guerre froide : 1941-1956

«À travers les relations bilatérales gréco-yougoslaves, sur une période relativement
longue, entre 1941 et 1956, ce sont tous les rapports multilatéraux entre les acteurs dans
les Balkans qui sont étudiés pendant la Seconde Guerre mondiale et la première guerre
froide.
La problématique est extrêmement novatrice, puisque l'accent est mis sur l'analyse
des effets d'échelles entre jeux nationaux et enjeux balkaniques d'une part, et, d'autre
part, entre jeu mondial des grandes puissances et grands enjeux mondiaux. Des
éclairages nouveaux sont ainsi donnés sur les origines et les premiers développements
de la confrontation Est-Ouest. Les apports de l'ouvrage sont multiples sur des registres
différents. D'une façon générale, l'ouvrage éclaire la place de la Grèce, de la Yougoslavie
et des Balkans dans la politique de Staline, de Churchill et de Roosevelt pendant le conflit
mondial, de même qu'elle mesure avec précision le rôle de cette région dans les relations
entre les Grands après 1945, montrant admirablement que les relations gréco-yougoslaves
constituent une des clés essentielles de la compréhension des mécanismes de l'entrée en
guerre froide.
L'avantage d'un tel travail, fondé sur le croisement de nombreuses archives, est de
montrer que les pays balkaniques [...] ne sont pas seulement des enjeux, mais aussi des
acteurs à part entière. [...]
L'apport central du livre est, d'un côté, l'analyse fine de l'articulation entre intérêts
nationaux et ambitions révolutionnaires des pays communistes ; de l'autre, l'étude
de la gestion par les Occidentaux des avantages qu'ils peuvent tirer de cette situation
balkanique. Le lecteur trouvera bien d'autres trésors dans cet ouvrage qui nous fait
mieux comprendre les rapports entre communistes grecs et communistes yougoslaves
entre 1946 et 1949, ainsi que les débats sur la Fédération balkanique et l'échec de cette
dernière. La rupture entre Tito et Staline en 1948, les rapports entre les Occidentaux et la
Yougoslavie avant et après ce «schisme» et les conséquences du rapprochement entre Tito
et Khrouchtchev en 1955, voilà d'autres événements présentés sous une lumière nouvelle.
Enfin, Phivos Oikonomidis insiste sur l'importante question macédonienne pendant toute
la période étudiée, question dont les enjeux durent encore aujourd'hui.
Voilà pourquoi ce travail important et original fera date : il faut ce regard précis et
nuancé sur les pays qui ont bordé la ligne de fracture balkanique de guerre froide pour
comprendre le temps présent des Balkans, deux décennies après la chute du communisme
et la fin de l'affrontement Est-Ouest».