La 2 CV : 40 ans d'amour

La 2 CV : 40 ans d'amour

La 2 CV : 40 ans d'amour
Éditeur: Ed. Massin
1988127 pagesISBN 9782707201355
Langue : Français

L'histoire de la 2 CV commence

en 1935... Les techniciens de Citroën

se voient alors confier l'étude d'une

voiture représentant le minimum automobile.

"Quatre roues sous un parapluie", c'est ainsi que

Pierre Jules Boulanger qualifie son projet : un véhicule

économique et sûr, capable de transporter quatre

personnes et 50 kg de bagages à la vitesse de 50 km/h.

En 1939, 250 prototypes sont construits dans le plus

grand secret. Son moteur, le plus petit de l'histoire

automobile, est un 375 cm<sup>3</sup>.

Pas de démarreur, la voiture se lance à la ficelle.

La guerre stoppe le projet. Il n'y aura pas de

Salon 39, tous les prototypes sont cachés. Ils seront

détruits en 1948. Volontairement. Tous, sauf un,

astucieusement caché sous la paille dans un bâtiment

du centre d'essais de la Ferté Vidame, et qui existe

toujours.

La 2 CV est gardée totalement secrète jusqu'au premier

jour du Salon de l'Automobile de 1948 où elle est

lentement dévoilée devant le Président de la

République qui n'en croit pas ses yeux. Stupéfaction

générale, pour une fois tous les spécialistes du monde

automobile et le public sont unanimes : on n'a jamais

rien vu d'aussi laid. Seul un journaliste original de

la Revue Automobile Suisse lui prédit aussitôt un

grand avenir.

Un journaliste facétieux demande sournoisement si

Citroën fournit l'ouvre-boîte avec, ou s'il faut payer

un supplément.

C'est effectivement un parapluie sur quatre roues. 9 CV,

55 km/h, la 2 CV commence sa carrière sous les

sarcasmes.

Les jours, les mois, les années passent... Les chiffres

de vente de la 2 CV montent vertigineusement.

On ne rit plus de la 2 CV. On ne pense même plus

à la trouver laide. On s'aperçoit qu'elle est vraiment

économique, on s'aperçoit qu'elle correspond à un

besoin réel d'une clientèle importante et peu fortunée

de cette après-guerre.

Une clientèle qui recherche une automobile, c'est-à-dire

un véhicule servant essentiellement à transporter

des personnes ou des objets d'un point à un autre,

le mieux possible et en dépensant le moins possible.

Une clientèle qui ne peut pas s'offrir les monstres

à essence que l'on continue de construire à l'époque.

On s'aperçoit qu'elle est très pratique, qu'elle passe

partout, qu'elle ignore le sens de la phrase "consommer

de l'essence".

On commence à en faire une sorte

de voiture fétiche, à lui donner des

noms amusants ou affectueux. On s'aperçoit

surtout qu'elle est véritablement "increvable",

qu'elle atteint facilement les 300 000 km !

La 2 CV entre alors dans la légende. On raconte un peu

partout ses aventures extraordinaires.

Ses odyssées fabuleuses...

On raconte son record du monde d'altitude, en 1953 ;

5 420 mètres au Mont Chacaltaya en Bolivie...

Son étrange enrôlement dans les commandos de

la Royal Navy qui avaient besoin, en 1959, d'un

matériel léger et très résistant pour transporter

des troupes d'un porte-avion vers un objectif situé

à 150 km à l'intérieur des terres... On raconte comment

en acceptant un régime de bananes introduit dans son

carter en guise d'huile elle allait sauver du désert,

au Chili, ses aventuriers sans ressources... On raconte

la randonnée d'une famille qu'elle ramène, en 1960,

du Laos à Paris... On parle de tous ses tours du monde,

des grands Rallyes Citroën : Paris-Kaboul-Paris,

Paris-Persépolis-Paris, Raid Afrique... Et 40 ans après

sa sortie, à l'âge où les autres voitures trônent

fièrement dans les musées, la 2 CV connaît une nouvelle

jeunesse en Charleston ou en Dolly et sa production

remonte spectaculairement. A l'export, elle fait un

malheur, on en vend moins en France qu'en Allemagne !

Et dans ce dernier pays, en juin 87, on la vend mieux

que les BX et AX ! On se perd en conjectures...

Aucune voiture ne fait à ce point partie d'un patrimoine

et d'une culture nationale. Aucune voiture, en fait,

ne mérite autant l'attachement que lui portent ses

millions de propriétaires. Aucune voiture n'a suscité

autant de fanatisme, les quelque trois cents clubs

disséminés dans le monde entier le prouvent

amplement. Aucune voiture n'aura été plus transformée

ni personnalisée.

Aucune voiture en France n'aura connu une telle gloire.

La 2 CV est immortelle.

Dans ce livre étonnant, Fabien Sabatès, le spécialiste

de la marque au Double Chevron, raconte les heures

palpitantes de cette histoire qui dure depuis

40 ans, illustrée de 200 photos couleur pour

la plupart inédites.

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