Laurent Désiré Kabila : la longue marche pour un bref destin

Quand les services de renseignements américains ont mis la main sur le
dossier médical du président Mobutu, les médecins avaient prévenu qu'il n'en
avait pas pour longtemps à vivre, parce qu'il était atteint d'un cancer. Les
responsables de la section Afrique du Pentagone s'activaient alors pour trouver
un nouveau dirigeant de l'après Mobutu.
Le nom de Laurent-Désiré Kabila fut retenu en dehors des dispositions
constitutionnelles et donc au détriment de tout processus démocratique du
Congo. L'intention de Washington, en choisissant et en aidant Kabila à chasser
Mobutu, était de s'assurer le contrôle perpétuel du Congo. Il fallait donc trouver
un second Mobutu, un Tutsi de préférence. Laurent-Désiré Kabila n'était donc
perçu que comme un dirigeant de transition qui allait permettre la réalisation
du plan. Le général Paul Kagamé avait même assuré le président américain Bill
Clinton que le Zaïre serait facilement maîtrisé.
Une fois le plan réussi, les provinces du Kivu et Kissangani deviendraient
des territoires sous administration rwando-ougandaise. Les compagnies
minières donneraient les moyens logistiques adéquats pour permettre à Kigali
de se maintenir au Nord et au Sud-Kivu par la répression, donc par la force.
Washington en armant le régime du Front patriotique du Rwanda (FPR)
dans la guerre qui a abouti au génocide de 1994, voyait l'autre côté du lac Kivu,
avec ses minerais. En effet, la RDC est considérée comme une promesse, un
patrimoine universel par les sociétés multinationales, particulièrement minières
qui la qualifient de scandale géologique, comme si le Congo n'était qu'un amas
de richesses à exploiter et non un espace de vie, promis à un développement
harmonieux pour le bien-être de sa population.
Pour les envahisseurs et leurs commanditaires, dès que Kabila subirait le
sort de Juvénal Habyarimana, la main tutsie sur le Congo et les Congolais
deviendrait permanente.