Années 1950, grandir en Alsace

Les souvenirs livrés par Christian, son enfance alsacienne juste
après guerre dans une région à maintes reprises ballottée par
l'Histoire, font surgir des portraits d'habitants disparus : celui du
garde champêtre, «crieur public» qui annonçait son passage en
agitant une cloche à bout de bras, celui de l'instituteur, qui exerçait
parallèlement la fonction de secrétaire de mairie, ou encore celui du
médecin de campagne.
Il émerge des replis de la mémoire des travaux agricoles aujourd'hui
évanouis comme la traite manuelle des vaches, la cueillette des
feuilles de tabac par les enfants ou le ramassage des doryphores.
Et puis il y a l'évocation de l'école primaire, avec sa classe unique
où le nombre d'élèves variait, selon les années, entre 26 et 36 ;
l'évocation de la religion et de son chapelet d'offices mais aussi les
moments festifs non religieux : la fête du village, avec son bal sur
un plancher en bois que l'on savonnait avant les valses, ou la foire
annuelle aux bestiaux à la sous-préfecture.
On perçoit bien la soumission du paysan aux rythmes des saisons,
sa résignation face aux conditions météorologiques.
Ce récit est une invitation au voyage dans l'univers de l'enfance,
pérégrinations où la résurgence de visages, de sons, de couleurs,
d'odeurs, de noms met de la joie au coeur.