Le service iconographique antique du cardinal Fesch : exposition, Sèvres, Musée national de céramique, 2 octobre 2007-15 janvier 2008

1810-1811 ou l'apogée de l'Empire... Napoléon est le
grand vainqueur de très nombreuses campagnes ;
la France comprend alors 130 départements, couvre
750 000 km<sup>2</sup>, englobe 45 millions d'habitants et
s'étend de Madrid à Varsovie. La réorganisation centralisée
est en bonne voie et globale : politique,
juridique, économique, religieuse, et le pays est prospère.
L'Empire a renoué avec les fastes de l'Ancien
Régime et le remariage de Napoléon I<sup>er</sup> avec Marie-Louise
ou encore la naissance du roi de Rome sont autant
de prétextes pour glorifier un homme, un souverain, par le
biais de fêtes rappelant la Rome impériale. Le cardinal Fesch oncle
de l'«antéchrist», devient son «ministre extraordinaire des affaires religieuses».
Il cumule rapidement les distinctions et les postes : archevêque
de Lyon, primat des Gaules, puis cardinal et ambassadeur de France auprès
du Saint-Siège, grand aumônier de l'Empire, coadjuteur de Mgr Dalberg,
prince-évêque de Ratisbonne, sénateur ; il va combattre sa vie durant, cet
antagonisme qui l'habite entre la fidélité à son neveu l'Empereur, et celle
qu'il doit à son Église représentée par Pie VII. Ce qui l'amènera à dire, lors
du Concile de 1811 : «Personne ne dirige ma conduite ; personne n'ose m'influencer.»
Le cardinal Fesch entoure la famille impériale ; il est un
personnage essentiel, toujours présent lors des grandes fêtes, tel le remariage
de Napoléon avec Marie-Louise le 2 avril 1810 aux Tuileries ou le
baptême du roi de Rome en la cathédrale Notre-Dame de Paris le 9 juin
1811 ; c'est à l'occasion de ce baptême que l'Empereur lui fera livrer un
somptueux service en porcelaine de Sèvres dit «service iconographique
antique», à décor à l'imitation de camées.