Autopsie de l'atroce XXe siècle

Les grand-messes des célébrations nationales, anniversaires et défilés assortis d'une vaste littérature héroïque, dressent depuis des décennies un ample rideau de fumée destiné à cacher la vérité sur ce que furent les deux guerres les plus dévastatrices de l'histoire et la réalité politique de l'Europe au XX<sup>e</sup> siècle.
Pour quelle raison, en 1917, Raymond Poincaré sabota-t-il l'offre de paix de paix séparée que lui fit l'empereur d'Autriche dans une lettre écrite de sa main ? Des centaines de milliers de vies eussent été épargnées et des souffrances infinies eussent été abrégées. Mais non : il fallait venger la défaite de 1870.
Pour quelle raison le général Pierre Janin livra-t-il l'amiral Kolchak, chef des Armées Blanches, qui étaient proches d'écraser les Bolcheviks et d'éviter à la Russie trois-quarts de siècle de tyrannie stalinienne et de souffrances ? Parce qu'il tenait Kolchak pour « l'homme des Anglais ».
Pour quelle raison les dirigeants anglais, puis Churchill, rejetèrent-ils les offres répétées d'officiers supérieurs du III<sup>e</sup> Reich, qui proposaient d'arrêter Hitler et de l'exécuter ? 49 attentats témoignent de l'exécration absolue qu'une vaste part des cadres supérieurs de la Wehrmacht portait à Hitler. Là aussi, des centaines de milliers de vies auraient pu
être sauvées et des souffrances atroces, évitées. Mais Churchill voulait écraser le III<sup>e</sup> Reich.
Par quel sortilège Hitler et le Nazisme fascinent-ils encore l'Occident trois quarts de siècle après leur chute ? L'homme Hitler était un débile mental et physique exécré d'une vaste part de ses généraux et le régime était infâme. Mais la dictature était le régime idéal pour l'Occident : elle dérivait de sa culture : sacralisation de la guerre et nationalisme.
Tel est le réquisitoire rigoureusement documenté que dresse Gérald Messadié d'un siècle qui sacrifia près d'un dixième des humains sur la Terre.