Etat d'exception permanent : la néorévolution américaine

«Il se pourrait un jour qu'un nouvel Edward Gibbon sache déceler,
dans l'empire américain actuellement en expansion, le défaut
qui, tel le ver dans la pomme apparemment saine, sera l'agent
de son pourrissement et de sa chute. Si l'on devait en croire la
Rome de Gibbon et quelques autres sujets d'écroulements
célèbres, le "ver" serait la trahison du principe fondateur de la
res publica , la chose publique. (...) Parmi les disciples
américains les plus enthousiastes de Leo Strauss et d'Allan
Bloom, certains, comme l'actuel secrétaire adjoint à la Défense
Paul Wolfowitz et John Ashcroft, occupent des postes-clés dans
l'administration Bush. Ceux-ci se qualifient eux-mêmes de
néoconservateurs. Sans jamais se réclamer ouvertement de Carl
Schmitt, ces soi-disant néoconservateurs s'inspirent de manière
évidente de principes schmittiens, notamment en matière
d'état d'exception et, par voie de conséquence, de droit public,
de sécurité intérieure et de politique internationale.
La question se précise quelque peu : sommes-nous en train
d'assister à une dérive nazie aux États-Unis ?»