La marche consulaire

«Le Consulat est de retour. Certes, Nicolas
Sarkozy n'est pas Bonaparte mais c'est un bonapartiste
grand teint. L'un comme l'autre ont
tendance à tout vouloir réinventer eux-mêmes,
avancent sur tous les terrains à la fois, s'étonnent
qu'on s'asphyxie à les suivre. Leur ambition
est immense. Issus tous deux d'une petite
noblesse fraîchement établie en France après
des épreuves, ils tiennent à démontrer leur
supériorité. Dominateurs et sujets à de brusques
anxiétés, ils ne doutent pas de leurs qualités
mais craignent souvent que le destin ne se
dérobe. Ils aiment aussi beaucoup les femmes,
avec emportement, non sans de cruelles déconvenues
ni d'enviables succès. Ils aiment décider,
n'ont pas peur d'imposer. Ils attachent semblablement
le plus grand prix à la mise en scène
publique de leur action.
Le nouveau président de la République apparaîtra-t-il
comme un nouveau Premier consul
plus civil, plus démocrate, moins génial bien
sûr, mais aussi avide de marquer et de rompre ?
C'est son rêve. Ce serait un miracle...»
Alain Duhamel