Hérode le Grand : crimes et splendeurs sur la colline de Jérusalem

Cruel, pervers, assassin, mais aussi généreux et bâtisseur, Hérode le Grand régna sur Israël
durant trente-six ans.
Placé sur le trône de Jérusalem par les Romains en 40 avant l'ère chrétienne, il reconstruit
le Temple, ouvrant un immense chantier où travaillent en permanence dix mille ouvriers.
Sous ses ordres, la modeste Demeure de l'Éternel devient une merveille d'ors et de pierres
plus splendide encore que tous les temples grecs.
Obsédé par l'idée d'helléniser la Terre sainte, il organise des Jeux olympiques à Jérusalem.
Soucieux de séparer religion et État, il arrache le pouvoir politique aux prêtres, désormais
cantonnés dans le domaine spirituel.
Tyran ombrageux et soupçonneux, vivant dans la crainte des complots, ses accès de folie le
poussent à faire tuer Mariamne, son épouse préférée, et plusieurs de ses enfants... Il pressure
son peuple pour construire palais et monuments, mais se montre fin diplomate pour garantir
la paix aux frontières et assurer la prospérité de ses sujets. Quand la famine se fait sentir, il
n'hésite pas à se dépouiller de ses richesses afin d'acheter le blé nécessaire en Égypte.
Personnage contradictoire, à la fois détesté et admiré, Hérode meurt dans des conditions
affreuses, d'un prurit insupportable sur tout le corps, hurlant de douleur, appelant encore sa
femme assassinée depuis longtemps...
Dernier monarque d'Israël, son royaume ne lui survivra pas : trois de ses fils, Archelaüs,
Philippe et Antipas, se partageront le pays. Moins d'un siècle plus tard, Titus rasera Jérusalem,
ne laissant pratiquement rien des splendeurs hérodiennes.
Ce règne, fait de terreur et de grandeur, demeure dans des chroniques effrayantes,
jusqu'au Nouveau Testament qui en rajoute dans l'horreur et attribue à Hérode le Grand un
imaginaire «massacre des Innocents».