Sans y toucher

"J'aime la nouvelle car c'est une déclaration d'amour sans ambages.
J'aime son incision dans le tissu du temps, sa force sans
débordement, sa tenue inoubliable. Qu'elle crée un moment de
rêve ou d'interrogation, qu'elle surprenne ou creuse des abîmes,
elle nous abandonne avant que nous ayons pris conscience à quel
point nous avons été touchés, atteints.
J'aime dire à demi-mots, suggérer plutôt que décrire ou expliquer.
Je souhaite que le lecteur perçoive derrière le premier plan visible
d'autres plans esquissés ; qu'un geste, un mot en dise plus qu'une
phrase. Dans les blancs vibre la vie secrète.
Les moyens d'expression peuvent varier : monologue intérieur,
dialogue, scène obsédante ou réminiscence d'enfance. Le ton est
retenu mais la cruauté de la vie s'y déchiffre en filigrane. Se fait-on
mieux entendre en hurlant ou en murmurant à l'oreille
intime ?
Mes thèmes sont récurrents : l'enfance mise à la question ; l'amour
à l'épreuve de la durée ; l'art comme détonateur, notamment à
travers les livres ; la complexité des relations ; la solitude des villes
et leur violence... La vie, finalement, rien que la vie, cela suffit !"