Marinoni : le fondateur de la presse moderne (1823-1904)

Marinoni
Le fondateur de la presse moderne (1823-1904)
Entre 1850 et 1851, Marinoni va participer aux premiers essais de la rotative à bobine et à clichés cylindriques de Jacob Worms pour la presse périodique à la demande du patron de presse Émile de Girardin. Depuis 1828, ce dernier, qui sera à l'origine de la loi de 1881 sur la presse, recherche une machine plus rapide : « Je veux une machine d'où l'on pourra faire jaillir les feuilles comme l'eau jaillit d'une source ». Une première mondiale dont le centre de gravité sera Paris.
À partir de 1866, Marinoni, marchant sur les pas de Girardin, s'oppose à la tradition anglo-saxonne de la rotative avec caractères mobiles. Il dépose successivement deux brevets importants, pour une presse rotative à retiration et à six margeurs. En novembre 1872, il livre la première « machine cylindrique a papier continu » de France pour la presse quotidienne. Cette machine annonce la naissance des médias de masse. Elle sera copiée et diffusée à travers le monde entier.
À partir de 1882, Marinoni prend la tête du Petit Journal et en fait le premier groupe mondial de presse. Suivant de près la politique à la fois rédactionnelle, industrielle et financière de ses journaux, ce « Napoléon de la presse », comme l'ont surnommé les journalistes américains en 1890, va peser de tout son poids pour faire du Petit Journal un média à la fois de masse et de progrès en s'efforçant d'intéresser le plus grand nombre aux questions d'intérêt général, aux enjeux de la Revanche et aux valeurs de la III<sup>e</sup> République. Il va ainsi influencer et marquer jusqu'à nos jours le monde de l'information et de la presse occidentale et sera le fondateur de la presse moderne.