Histoire des guerres religieuses en Auvergne pendant les XVIe et XVIIe siècles

Mêlée à ces fables grossières dont s'accommode
si facilement la vanité des peuples, l'origine
de l'Auvergne se cache dans la nuit des temps.
La plus haute antiquité voit figurer son nom
dans ses fastes les plus illustres. L'Ere chrétienne
est devancée de six siècles par le premier
roi Auvergnat. Peuple intrépide et belliqueux, actif et infatigable,
les Arvernes priment dans la Gaule Celtique. Confondus
avec ces colonies nombreuses de Gaulois qui favorisent l'établissement
des Phocéens en Provence, au nombre de 300,000, sous
la conduite de Bellovèse et Sigovèse, neveux du roi des Celtes,
ils ont conquis la Gaule Cisalpine qu'ils arrachent à l'Italie, et se
fixent dans cette belle contrée. Plus tard, ils traversent les
Alpes à la suite d'Asdrubal qui passe sur les frontières de l'Auvergne
pour entrer en Italie à la tête des Carthaginois. Fidèles
alliés, ils combattent en désespérés à la bataille du Metauro : sans
leur valeur indomptable, c'eût été le tombeau de l'armée carthaginoise.
Les Grecs regardaient les Auvergnats comme une nation
guerrière ; Pline les appelle un peuple libre. La domination des
Auvergnats s'avançait jusqu'au territoire de Narbonne et de Marseille,
et ne finissait qu'aux Pyrénées, à l'Océan et au Rhin.
Le Velay, le Vivarais, les Cévennes, le Rouergue, le Gévaudan,
le Querci, même le Périgord, la Saintonge, le Poitou, l'Angoumois,
le pays d'Aunis et la Rochelle, étaient tributaires de Clermont,
la ville d'Auvergne. Avitus fut empereur en 455. Les
rois Auvergnats étaient souvent choisis pour commander à toute
la Gaule.