La mouvance zaydite dans le Yémen contemporain : une modernisation avortée

Avec la révolution du 26 septembre 1962, le Yémen du Nord a vu
naître la première république de la péninsule Arabique qui a mis fin au
long imamat chiite zaydite caractérisé par le primat politico-religieux
des descendants du prophète Muhammad : les sâda. Dans leur grande
majorité, ces membres de la catégorie la plus élevée au sein de la hiérarchie
sociale de l'ancien régime, ont progressivement assumé leur nouvelle
condition de «perdants de l'histoire».
Dans le contexte pluraliste de l'unification du pays en 1990 entre le
Yémen du Nord et le Yémen du Sud, certains sâda ont toutefois choisi
de donner à leur appartenance confessionnelle une expression politique
aux formes organisationnelles diversifiées. Cette mouvance zaydite a pu
relever le défi de la compatibilité avec le régime républicain et a su se
réformer à sa manière. Or ce double processus modernisateur et réformiste
a connu un frein identitaire avec le déclenchement de la guerre de Saada
(2004-2010). Et si lors des premiers mois du soulèvement populaire de
2011, un renouement de cette mouvance avec ses débuts réformistes était
probable, la suite des événements a montré que l'espoir de cette relance
modernisatrice a bel et bien été déçu.