Les Templiers dans le diocèse de Langres : des moines entrepreneurs aux XIIe et XIIIe siècles

C'est en 1139 que la bulle papale connue sous le
nom d' Omne datum optimum confirme l'institution
d'un nouvel ordre religieux et militaire : l'Ordre du
Temple. Doté d'une règle, il répond à l'origine au
besoin d'assurer la sécurité des pèlerins sur la route
de Jérusalem et garantit la défense de la Ville Sainte.
Sa suppression, prononcée par les instances
pontificales en 1312 au Concile de Vienne, marque la
fin de l'épisode templier.
Un peu moins de 700 ans après leur disparition,
les Templiers continuent d'exercer une fascination
quelque peu étrange sur nos contemporains.
L'histoire dramatique de la fin de l'Ordre du Temple a
souvent relégué au second plan le fonctionnement et
les aspects quotidiens de la vie des moines-chevaliers
dans leurs commanderies d'Occident.
Delphine Marie a choisi de nous présenter cette
face cachée de l'Ordre. Son étude prend pour cadre
géographique le diocèse de Langres, couvrant en
partie la Bourgogne et la Champagne méridionale,
pays d'origine des fondateurs, où le souvenir des
Templiers est encore inscrit dans la topographie.
Elle s'intéresse à ces moines qu'elle désigne sous
le terme d'«entrepreneurs», en opposition aux
«moines-soldats» de Jean Richard, expression
qualifiant les Templiers qui se battent en Terre Sainte.
Les moines apparaissent en effet comme de
véritables administrateurs d'un patrimoine foncier
qui s'agrandit au fur et à mesure du temps et des
donations.
Grâce à un inventaire renouvelé des sites recensés
(Bure, Epailly, Avalleur...), l'auteur nous propose un
état actuel des connaissances sur ce réseau de
possessions templières dans le diocèse.