Un paysan du Midi. Le baïle Alphonse Daudet : souvenirs

Vers la fin d'octobre 1889, les félibres de Paris me demandèrent un article pour leur petite revue : Lou Viro-Soulèu : le Tourne-Sol.
Ce soir-là, le ciel était clair, il gelait, et, tout en regagnant mon domicile, du café Voltaire à Billancourt, en pensant à Bellegarde et en m'arrêtant sous chaque réverbère, j'écrivis les Olivades , l'un de mes plus chers souvenirs de jeunesse. Le Viro-Soulèu parut, publiant ma nouvelle, et dès le lendemain je reçus deux lettres : l'une de Frédéric Mistral, l'autre d'Alphonse Daudet. Le premier me félicitait et le second me disait en provençal : « Je salue le poète des Olivades , et je le prie de venir me voir le dimanche, vers les dix heures du matin. »
Oh ! les saints frissonnements qui parcoururent mon être ! Alphonse Daudet, l'un des premiers écrivains français, me complimentait en belle et bonne langue d'oc ! Mais alors...