Don Juan, diabolus in scriptura : roman, autobiographie, thanatographie, 1800-2000

Don Juan, diabolus in scriptura : roman, autobiographie, thanatographie, 1800-2000

Don Juan, diabolus in scriptura : roman, autobiographie, thanatographie, 1800-2000
Éditeur: Peeters
2009498 pagesISBN 9789042920088
Format: BrochéLangue : Français

Au cours des deux siècles précédents les romans, nouvelles, contes et autres

créations narratives arborant Don Juan comme figure de proue sont, à

quelques exceptions près, passés pour des accidents de parcours sur le trajet

séculaire du mythe.

En vue d'élucider l'apparent escamotage critique du `roman donjuanesque',

l'auteur du présent ouvrage passe au crible une série de Don Juan narratifs :

de Hoffmann et Kierkegaard à Ballester et Rémy, en passant par Balzac,

Mallefille, Barbey d'Aurevilly, Shaw, Roché, Azorín, des Forêts et Jouhandeau.

Au travers des chapitres où la synergie de certains écrivains et surtout

des périodes littéraires se fait jour, le lecteur découvre le renouveau du mythe

de Don Juan dans le roman et Don Juan comme figure du renouveau du

roman. En effet, dans le corpus des Don Juan romanesques un champ de tension

existe entre ce que l'auteur appelle la littérature `référentielle / révérencielle'

et la littérature `irréférentielle / irrévérencielle'. Une tension similaire

oppose la thanatographie des Don Juan avec majuscule `de Zeise, Nagel,

Jouhandeau...) aux don juan avec minuscule (de Bourbon Busset, Cesbron,

Tillinac).

La littérature `irrévérencielle' se montre peu respectueuse du référent. Elle

promeut une théorie du signe et du discours littéraire aberrante : les textes

analysés se veulent processus poétique au lieu de produit mimétique et ils

avancent l'interprétant (in casu : le lecteur) comme condition de possibilité

du signe. Ce type de discours romanesque se modèle sur le Don Juan qu'il

contient : celui-ci y apparaît en effet comme la figure de l'immanence

référentielle. De personnage du monde diégétique il se métamorphose en

figure de l'écriture. Ainsi il s'immortalise en s'emparant de l'écriture.

La littérature `révérencielle' par contre ne dépasse pas les bornes des conceptions

traditionnelles du signe, du discours littéraire et de Don Juan en

tant que personnage. Le travail du lecteur y est limité.

En somme, ce Don Juan qui habite le dire romanesque et en forge l'écriture,

qui met en cause toute forme de transcendantal au profit de l'immanence,

qui impose son propre masque aux actants du romanesque, sera découvert

comme un véritable diabolus in scriptura.

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