La Caraïbe dans l'histoire militaire de la France : de la flibuste au service militaire adapté : actes de la journée d'études du 29 septembre 2001 à Fréjus

Cinq siècles après les débuts de son aventure
américaine, la France est toujours sur
les lieux-mêmes où tout avait commencé :
à Saint-Pierre-et-Miquelon ; aux Antilles,
avec Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la
Désirade, les Saintes, Marie-Galante, la
Guadeloupe et la Martinique ; en Guyane.
Ces territoires font partie intégrante de la
France, ce qui, au regard des flux et reflux
de l'épopée coloniale des pays européens,
constitue une exception que l'Histoire
peut aider à expliquer. L'attachement des
«Iles d'Amérique» à la France n'est pas
une simple vue de l'esprit, car les Vieilles
Colonies ne furent jamais des colonies
comme les autres. À bien y regarder les
Antilles et la Guyane se situent à des intersections
de l'histoire militaire française.
Entre l'histoire de l' Armée Française qui
commence véritablement avec Louis XIV
et Louvois, et celle de l' Armée coloniale qui
ne fut créée, dans la difficulté, qu'en
juillet 1900, les Antilles et la Guyane trouvent
leur place. Mais une place singulière :
il n'y eut jamais de troupes indigènes aux
Antilles. Pourtant la citoyenneté octroyée
en 1848 n'empêcha pas que les Antillais
fussent incorporés en priorité dans les
troupes coloniales, en 1914-1918 comme
en 1939-1945. Il faut attendre la création
du SMA (1961) dans le contexte de la
décolonisation de l'Empire, pour que l' assimilation
des vieilles colonies (1946) prenne
également un tour militaire. Bref, le SMA
marque la fin d'une histoire séculaire que
les Antillais et Guyanais français ont payé
au prix fort, celui de l' impôt du sang versé
sur les champs de bataille de 1914 à 1962.