L'Allemagne des recommandations de Londres à la souveraineté (1948-1955) : aspects de la question

En l'espace de quelques années le statut de l'Allemagne subit des
transformations profondes. Bien que la question du devenir du
Reich reste en suspens et qu'aucun traité de paix ne soit signé, ce
qu'il reste du territoire connaît une partition qui reflète celle de la
planète dans un monde qui voit s'accroître les tensions Est/Ouest :
à la suite des recommandations de Londres, et une fois la monnaie
assainie, naît une République fédérale qui marque son aspiration
au rétablissement de l'unité nationale en s'intitulant «d'Allemagne»
tandis que l'ancienne zone d'occupation soviétique devient
République démocratique «allemande». Celle-ci s'incorpore au
bloc soviétique et aspire à être reconnue en tant que deuxième État
allemand, tandis que le premier chancelier de la RFA. engage son
pays dans une politique d'intégration à l'Ouest. En une démarche
habile bien que souvent mal comprise et critiquée, il conquiert
pièce par pièce des espaces d'indépendance, s'engage en faveur de
la construction de l'Europe et obtient des États-Unis une protection
contre l'URSS. L'économie se redresse, le niveau de vie progresse,
la démocratie de Bonn est stable et acceptée par l'opinion.
Et si l'échec de la Communauté européenne de défense repose, en
1954, la question de la participation de l'Europe à sa sécurité, ce
problème trouve à Paris, en octobre de la même année, une solution
qui vaut à l'Allemagne la «pleine souveraineté» et l'admission
dans l'O.T.A.N.
Le présent ouvrage a pour ambition de faire le point des connaissances
actuelles sur cette période, notamment sur la réforme monétaire,
les partis politiques, clé de la vie démocratique, les relations
entre les deux Allemagnes, leur vie culturelle, etc.