Les générations mutantes : Belle Epoque, Krach, mai 68, Internet : quatre générations dans l'histoire

«Parce qu'on appartient à la même
"promo", à la même classe d'âge.
Parce qu'on a vécu au même âge les
mêmes événements. Parce qu'on traverse
la vie au milieu de ses pairs plus qu'avec
les autres, entretenant ainsi la flamme
des souvenirs, vouant un culte aux mêmes
icônes. Parce qu'au temps de
l'imprégnation se sont cristallisées des
impressions communes. Parce que tout ça,
et bien d'autres choses encore, il se trouve
donc qu'on partage avec ceux de sa
"génération" bien plus que sa seule date de
naissance.»
À la suite de son précédent livre,
Le Choc des générations , Bernard Préel
s'attache à mettre en scène quatre
générations françaises : celle de la Belle
Époque, celle du Krach, celles de Mai 68
et d'Internet. Pourquoi ces quatre-là ?
Parce que ce sont des «générations
mutantes» que l'Histoire a prises
à contre-pied en les obligeant à s'adapter
à un contexte politique, économique, social,
culturel auquel rien ne les avait préparées :
ainsi les Lumières de la Belle Époque
s'éteindront dans les tranchées de Verdun.
Et ceux qui auront vécu le «grand
marasme» de l'entre-deux-guerres eurent
du mal à croire au miracle des Trente
Glorieuses. Mais «mutantes» aussi
parce que ces générations, toutes séparées
de trente ans, connaissent une rupture forte
des sensibilités, des pratiques et des goûts,
comme en témoignent ceux qui eurent
vingt ans en mai 1968 et ceux qui, plus
récemment, vécurent la révolution Internet.
L'histoire et les relations de ces quatre
générations en disent beaucoup sur
l'évolution de notre société tout au long du
siècle dernier.