Les soins psychiatriques sans consentement : dispositif juridique, procédure, jurisprudence, conseils pratiques

Les soins psychiatriques
sans consentement
Toute personne atteinte de troubles mentaux doit rester libre de décider ou non
de se faire soigner ; en cela les troubles mentaux ne diffèrent pas des troubles
physiologiques.
Lorsque, dans l'exercice de cette liberté, elle décide de se faire soigner, elle peut, à
cette fin, s'adresser au praticien ou à l'équipe de santé mentale de son choix et, le
cas échéant, consentir à son hospitalisation. Il s'agit alors de soins psychiatriques
libres, puisque décidés avec son consentement, auxquels cette personne pourra
mettre fin à tout moment. À cette modalité de soins librement consentis, dont le
législateur précise qu'elle doit être privilégiée lorsque l'état de la personne le
permet, s'opposent les soins psychiatriques sans consentement.
Attentatoires à la liberté individuelle et pouvant même atteindre, en cas
d'hospitalisation, la liberté fondamentale d'aller et venir, le législateur a entendu
réserver de tels soins sans consentement à des situations limitativement
énumérées tout en encadrant strictement les modalités et en exigeant qu'ils
fassent l'objet d'un contrôle du juge, obligatoire chaque fois que la liberté d'aller
et venir excède une certaine durée et simplement facultatif dans les autres cas.
Le présent ouvrage a pour objectif de guider le lecteur dans les méandres du
dispositif actuellement en vigueur pour la mise en oeuvre des mesures de soins
psychiatriques sans consentement, mais également de l'éclairer sur ce que
recouvre le contrôle exercé par le juge des libertés et de la détention.