Bouches inutiles : du naufrage de la parole publique

«Et maintenant je dis quoi ?»
Cette phrase, Xavier Delacroix,
lobbyiste de profession,
l'a souvent entendue dans
la bouche des dirigeants
économiques et politiques
comme des leaders d'opinion.
Lui qui a organisé des
colloques et des forums pour
les puissants et les sachants
a assisté en deux décennies
à une parole publique usée,
tournant à vide.
Pourquoi avons-nous
aujourd'hui l'impression que
sur les grands sujets qui
animent la sphère publique,
tout a été déjà été disserté,
échangé, ici et ailleurs ? D'où
vient ce sentiment que débats
et colloques s'avèrent aussi
indigents et inutiles ?
Avec une cruauté pamphlétaire,
l'auteur nous venge de cette
industrie de la parole creuse.
Avec une lucidité forgée à
l'intérieur même de ce business
de l'influence, il nous aide à
comprendre pourquoi la parole
est devenue une fin en soi,
«un masque triste cachant
l'impuissance, juste chargé de
faire patienter et de mettre du
rose aux joues des acteurs de
l'action publique».