Les surdoués dans la réalité scolaire : l'enfance de la pensée créatrice

Protéger le fonctionnement et le développement de l'enfant
surdoué, et prévenir la perte des talents sont un seul et même problème.
L'enfant surdoué n'est pas une addition de caractéristiques,
mais un être biopsychosocial dont le fonctionnement/développement
repose sur l'enfance de la pensée créatrice : cette
enfance n'est pas ce qu'on appelle créativité chez le surdoué, mais
la pensée créatrice proprement dite, à son enfance. Ce qui signifie
que l'autonomie des quatre traits (autonomie doublement
anticonformiste, forte, précoce et minoritaire) et le processus
créatif propres au créateur sont également propres à l'enfant
surdoué, mais qu'ils sont dans leur enfance. Des conditions
défavorables à cette enfance causent à la fois sa disparition et la
perturbation du fonctionnement du surdoué.
La nature conformiste et uniformisante de la réalité scolaire
contrarie fortement le fonctionnement des surdoués et empêche
leur développement en talents, en esprits innovatifs, créatifs :
Ainsi le social de la réalité scolaire impose-t-il au surdoué -
diversement dépendant de ce social - des informations cognitives,
affectives et sociales scolaires étrangères à son soi, et menace-t-il
son fonctionnement/développement biopsychosocial. Quand cette
imposition est précoce, intense, fréquente et durable, la
perturbation du fonctionnement/développement du surdoué sera
inévitable et la perte des talents constituera une réalité. Faisant
alors de la question des surdoués une question éthique, sociale,
politique et même juridique.