Savoir, agir, n° 7. Un peuple européen sur mesure

Savoir, agir, n° 7. Un peuple européen sur mesure

Savoir, agir, n° 7. Un peuple européen sur mesure
Éditeur: Ed. du Croquant
2009142 pagesISBN 9782914968560
Format: BrochéLangue : Français

L'entrée en récession, à la fin de l'année 2008, de l'économie française

en européenne a rendu tangible, pour les salarié-e-s, la crise systémique

du capitalisme financier qui, jusqu'alors, existait principalement dans

les joutes publiques opposant acteurs de la finance, hommes politiques,

éditorialistes et autres «experts», au rythme des annonces, abstraites

à force d'être faramineuses, des sommes destinées à secourir un secteur

bancaire en perdition.

L'explosion du chômage, la crainte pour celles et ceux qui ont encore un

emploi de le perdre, l'appauvrissement des classes populaires et moyennes,

l'exceptionnel mouvement syndical et politique de revendication

dans les DOM-TOM semblent réinstaller durablement la question

sociale au coeur du débat public. Le récent sommet social a été salué

par certains commentateurs comme emblématique du «virage social»

d'un président de la République résolument «pragmatique» qui tournerait

désormais le dos au «modèle» anglo-saxon qu'il avait pourtant

embrassé pendant toute la campagne présidentielle. Le «modèle

social» français, vilipendé depuis des années, est maintenant loué pour

sa capacité à amortir le choc de la récession. Doit-on se réjouir de ce

qui pourrait être interprété comme les signes de la rupture des élites

avec l'économisme néolibéral ? Pas si sûr. Ce social par temps de crise,

concédé à contrecoeur plus que revendiqué, occulte autant qu'il éclaire la

véritable question sociale. L'urgence de la lutte contre le chômage tend à

faire oublier que la société française entre dans cette récession déjà fortement

éprouvée par plus d'un quart de siècle de néolibéralisme. Contre

les tentatives d'instrumentalisation, par le gouvernement, du chômage

afin de faire oublier son piteux bilan social, il faut rappeler que la crise

sociale ne date pas d'octobre 2008. Surtout, ce social de crise coexiste

paisiblement avec l'appel à «l'accélération du rythme des réformes»,

néolibérales forcément. La compassion à l'endroit des «victimes» de

la crise s'accommode parfaitement de la remise en cause des services

publics et de nouvelles offensives contre les droits sociaux (chômage,

santé, éducation). Comme si aucune leçon n'avait été tirée des causes

profondes de la crise du néocapitalisme, lequel a poussé les plus pauvres

et précaires à s'endetter pour vivre et se loger.

Contre l'omniprésence politique et médiatique de ce «social de

crise», le dossier du prochain numéro de Savoir/Agir s'emploiera à

explorer quelques facettes du «social en crise», violemment percuté

par les conséquences économiques dramatiques du bateau ivre de la

finance dérégulée.

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