Les Apaches de Belleville

Fils de communard, élevés dans le quartier de Belleville à
Paris, Bassot et son frère Polyte créent, après la mort de
leurs parents, «La bande du Télégraphe». Une drôle de
bande, au coeur de ce Paris populaire du début du vingtième
siècle, encore marqué par l'ombre de la Commune et les
attentats anarchistes de la décennie 1890. De petits larcins
en agressions de plus en plus graves, les comparses à peine
sortis de l'enfance vont en quelques mois se construire un
destin tragique. Ils nous entraînent avec eux jusqu'au bout
de la violence, aux confins de l'absurde.
Narré à la première personne par le chef de bande, ce roman
nous plonge aussi dans une langue, celle de Bruant, l'argot
des années 1900, car un apache, c'est également quelqu'un
qui, selon l'expression de l'époque, «sait jaspiner le jars»
(parler l'argot).
Description très précise d'une période de l'Histoire dans
ses décors, sa langue et son état d'esprit, Les Apaches de
Belleville est un roman qui nous emporte dans une spirale
infernale, un engrenage où l'on découvre comment, il y
a plus d'un siècle, certains jeunes des milieux populaires
voulaient en découdre avec la terre entière et les bourgeois
en particulier. Un roman à lire sans modération, mais
avec prudence ! sinon les apaches vont vous farguer, vous
estourbir, vous faire le coup du père François...