Y a-t-il du sacré dans la nature ?

Si nous admirons la nature et aimons y méditer, si nous en
reconnaissons la dignité et appelons à défendre son intégrité,
si nous préférons la laisser faire plutôt que de chercher
à nous y substituer, sacralisons-nous la nature ? Et cela nous
place-t-il automatiquement dans une posture obscurantiste
contraire au progrès scientifique et technique ?
Ce volume regroupe les contributions des philosophes,
théologiens, écologues et anthropologues réunis autour de
ces questions en avril 2012, à la Sorbonne.
La critique de la tendance religieuse, si controversée, de
l'écologie contemporaine, passe ici par l'examen des raisons
qui pourraient nous pousser à faire place à la notion de sacré,
même si elle est relative et mouvante. Prendre au sérieux
la re-sacralisation de la nature, tout en en refusant les
manifestations les plus excentriques, c'est chercher quel sens
théologique, psychologique, phénoménologique, éthique et
même politique on peut donner à notre ancrage terrestre.
Quand l'histoire naturelle et l'histoire humaine se rejoignent
et se confondent, habiter la nature suppose de trouver le
moyen de faire société avec elle tout en lui reconnaissant la
liberté du sauvage, rétive à tout enfermement, même sous la
forme de la sanctuarisation.