Mouvement social (Le), n° 250

Ce numéro varié met la focale sur un champ
historiographique dynamique, l'histoire de la
consommation au XX<sup>e</sup> siècle. Analysant deux
organisations catholiques, la Ligue sociale
d'acheteurs et l'Union féminine civique et sociale - représentant respectivement
la consommation équitable et le consumérisme axé sur la défense
des droits des consommateurs -, Marie-Emmanuelle Chessel interroge
le rôle des catholiques dans l'organisation des consommateurs. Rebecca
Pulju revient sur «l'art de faire son marché» dans les années 1944-1968,
en analysant l'importance accordée à la responsabilisation et l'éducation
des consommatrices. Orsi Husz propose un décentrage de regard au travers
du cas suédois et d'une initiative atypique, les campagnes d'information
organisées par une banque à destination des femmes, pour montrer
le consumérisme des femmes et la financiarisation de la vie quotidienne
dans les années 1960.
Un second dossier traite des dynamiques de marché et des processus
de concentration en milieu rural. Alors que Johan Vincent met en avant
la dualité des effets des grandes propriétés foncières sur la littoralisation
des sociétés en France entre 1750 et 1970, Stéphane Lembré analyse, via
la Chambre syndicale des meuniers du Nord de la France, les transformations
de la meunerie entre 1914 et 1987, sous l'effet de mutations techniques
engagées dès la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et de l'instabilité des marchés.
Enfin, Bernd Zielinski revient sur les origines théoriques de la cogestion
ouvrière dans les entreprises allemandes au prisme de la pensée et
des évolutions de quatre grands théoriciens, Robert von Mohl, Gustav
Schmoller, Friedrich Naumann et Fritz Naphtali.