L'apogée des concours d'architecture : l'action de l'UIA 1948-1975

Au sein de l'histoire de l'architecture du XX<sup>e</sup> siècle, ce livre explore
l'histoire des relations internationales et de la profession d'architecte
après la Seconde Guerre mondiale, en particulier au
travers des grands concours d'architecture et d'urbanisme. Pris ici
comme une métaphore architecturale des tensions diplomatiques de la
période, les compétitions internationales connaissent un regain d'intérêts
après 1945, notamment grâce à l'action de l'Union internationale des
architectes (UIA).
La politique de régularisation et de défense de la qualité architecturale
menée par cette ONG de l'architecture se lit au travers d'une analyse
thématique d'une centaine de concours internationaux, qui éclaire
les questions de la maîtrise d'ouvrage, de l'exportation de ce procédé
essentiellement européen, de la programmation et de la critique architecturale.
Certains d'entre eux font l'objet d'une étude approfondie : les
concours d'architecture de la Basilique de Syracuse (1956), de l'OMS à
Genève (1959) et des logements de la CECA (1965), d'urbanisme de
Berlin (1958), de Tunis (1961), ou encore ceux du siège de l'Unido à
Vienne (1969) et du centre Pompidou (1971).
Au moment où le statut d'architecte libéral commence à connaître une
profonde transformation sous l'effet de la concurrence économique et
technique, les compétitions apparaissent comme un outil de défense
ultime de cette spécificité. Ils laissent entrevoir l'émergence d'une
nouvelle génération d'architectes urbanistes acquis aux valeurs du
mouvement moderne, et l'organisation de la profession sur le modèle
occidental dans des pays extra-européens.
Les concours suscitent encore des débats. Cette étude critique d'une
période révolue apporte des arguments en faveur d'une démocratisation
de la procédure, fondée sur la compétition et l'expertise.