Vie solitaire, vie civile : l'humanisme de Pétrarque à Alberti : actes du XLVIIe Colloque international d'études humanistes, Tours, 28 juin-2 juillet 2004

À l'heure où beaucoup nous voient entrés dans la post-modernité, ne conviendrait-il
pas avant de songer à négocier une sortie, fut-elle élégante, de mieux
comprendre l'entrée dans la modernité et le rôle qu'a pu y jouer la
Renaissance ? Hannah Arendt rapporte le tournant de la modernité au découplage
des genres de vie active et contemplative. Ce livre qui réunit les actes du
XLVII<sup>e</sup> colloque humaniste du CESR organisé à l'occasion du double centenaire
de Pétrarque et d'Alberti entend en portant un regard particulier sur ces deux
auteurs explorer les rapports complexes qui vont d'une laïcisation de la vie solitaire
chez le premier à une exaltation de la vie civile revendiquant pourtant en
son sein une place éminente pour les intellectuels. Les vertus de l'une et l'autre
vie sont mises en valeur tant par les différents arts que par la spiritualité ou la
réflexion parfois dialoguée comme chez Landino qui fait du personnage de
Paolo dal Pozzo Toscanelli un exemple de réussite dans l'action comme dans la
contemplation. Plusieurs contributions s'arrêtent spécialement aux réalisations
artistiques et au contexte florentin. Ainsi, une modernité qui ne verrait dans la
Renaissance que le renversement des valeurs de la contemplation au profit de
l'action, voire du travail, passerait-elle à côté des subtiles équilibres cherchés
entre les genres de vie par une époque d'ailleurs capable de réhabiliter les joies
de l'art et de la volupté.