A propos d'un lièvre

À propos d'un lièvre
Ce n'est surtout pas un souci d'économie qui me fait publier ces poèmes à la suite les uns des autres comme on publie des
pensées, mais parce qu'ils sont des pensées. Je ne veux pas qu'on les lise autrement que dans cette forme d'adages ou,
pour les plus longs, de compilation d'élans « aphoristiques » qu'ils ont. Ce serait aussi les perdre que d'en attendre autre
chose que des assemblages, des compilations, des inventaires affectifs en lesquels la course introspective du poème est dans
cette forme supposée sans fin, mais dont on aurait pour seul témoin des fragments. Le poème s'écrit de la même manière
que les assemblages de hasards qui font du tout des roches ou du bois une sorte d'ordre tangible qui fait de l'intermittence
son homogénéité. Les groupes de poèmes, ici, sont des montages ponctuels, impromptus, entièrement voués à ce qu'on appelle par défaut l'inspiration. Cela tient toujours de cette indéfectible beauté du hasard, d'une confiance en la nature. Le hasard retombe toujours merveilleusement sur ses pieds. Ce type de poésie cherche une analogie, non une justification.