La petite fille et la guerre

Maria Luisa Semi écrit ici des pages d'une simplicité
exemplaire, d'une rare efficacité, et d'un charme délicieux.
En une trentaine de petits chapitres, elle raconte des moments
de son enfance pendant la Seconde Guerre mondiale,
qui ont laissé en elle une trace indélébile. L'expérience
personnelle la plus simple s'unit, par la magie d'un regard
d'enfant, aux événements qui se sont emparés du destin
d'une famille entière et ont entraîné les vicissitudes de la vie
de soldat puis de résistant du père, de Venise à Capodistria,
de Padoue à Piacenza, de Lubliana à Udine.
L'histoire politique devient le fond parfois très sombre
sur lequel se déroulent les journées familiales ; elle se
déchiffre ici à travers les émotions d'une petite fille - celle
que fut l'auteur, qui sait en retrouver tout le détail avec humour
dans la langue même de l'enfance, comme si le temps
écoulé depuis lors n'avait rien effacé de la fraîcheur de la
mémoire.
Une enfant, une famille, un monde déchiré par la guerre ;
les Allemands, les «Slaves», puis les Américains, l'Istrie
bientôt démembrée - dans un enchevêtrement d'émotions
et d'interrogations où l'enfant est sans cesse confrontée à
l'énigme.