Don Quichotte de la Mancha dans la Manche : études à l'intention des Archives départementales de la Manche, faites à l'occasion du quatrième centenaire de la parution de la première partie de Don Quichotte sur les presses de Juan de la Cuesta

Don Quichotte de la Mancha dans la Manche : études à l'intention des Archives départementales de la Manche, faites à l'occasion du quatrième centenaire de la parution de la première partie de Don Quichotte sur les presses de Juan de la Cuesta

Don Quichotte de la Mancha dans la Manche : études à l'intention des Archives départementales de la Manche, faites à l'occasion du quatrième centenaire de la parution de la première partie de Don Quichotte sur les presses de Juan de la Cuesta
Éditeur: L'Harmattan
2007160 pagesISBN 9782296039346
Format: BrochéLangue : Français

La Manche et La Mancha... deux territoires distants et distincts qui

se fondent par le mécanisme - et les caprices - de la traduction dans une

homonymie qui ne va pas de soi, quoiqu'elle vienne de loin... En effet,

dans la langue espagnole, le détroit qui sépare les îles britanniques du

continent européen devrait s'appeler «La Manga», traduction exacte de

«manche», un nom en soi topographique, car correspondant à la forme

du territoire concerné. C'est donc un malentendu de la traduction qui va

être le premier lien entre deux contrées que tout semble sinon séparer, au

moins différencier, car la géographie a fait de «La Mancha» de don

Quichotte, un territoire que la mer ne connaît pas : un territoire «de

secano» dépourvu de bois ténébreux et de brumes équivoques... un

territoire plat, peu propice au rêve et au mystère, un territoire dont la

surface, loin de ressembler à la structure allongée d'une «manche»

adopte la ronde configuration d'une tache : «una mancha»...

Car «la mancha» c'est d'abord une «tache», et par voie de

conséquence, un deuxième malentendu de la traduction ! En fait, dans la

langue française Don Quichotte de la Mancha aurait pu très bien devenir

«Don Quichotte de la Tache». Aurait pu... mais heureusement la

logique qui a préféré «Mancha» à «manga» a joué aussi dans la

préférence donnée à «Manche» sur «Tache». Il n'empêche que c'est à

ces malentendus dans le croisement des langues que nous devons

l'homonymie Mancha/Manche.

Le nom de notre chevalier porte une charge d'ambiguïté et une

ironie qui n'échappaient à personne.

Cervantès est le maître de l'ironie et le seigneur de la dérision, et

avec Don Quichotte il s'en donne à coeur joie. Cependant c'est

finalement don Quichotte qui a eu le dessus : don Quichotte, cet objet de

dérision, a réussi le plus inimaginable des exploits, celui de transcender

la tache de ses ridicules pour devenir l'emblème de l'idéalisme à l'état

pur.

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