Les cartésiens face à Newton : philosophie, science et religion dans la première moitié du XVIIIe siècle

Les cartésiens face à Newton : philosophie, science et religion dans la première moitié du XVIIIe siècle

Les cartésiens face à Newton : philosophie, science et religion dans la première moitié du XVIIIe siècle
Éditeur: Brepols
2011156 pagesISBN 9782503541778
Format: BrochéLangue : Français

Si l'on s'en tient au discours traditionnel, qui dépend en grande partie de

Voltaire, l'histoire est linéaire : au début du XVIII<sup>e</sup> siècle, physique newtonienne

et philosophie lockienne ont détrôné Descartes. Mais l'histoire est plus

compliquée. Pendant longtemps, en dehors de l'Angleterre, cartésiens et

newtoniens se sont affrontés avec des visions opposées dans ce qu'un

contemporain a appelé «un combat philosophique en champ clos». Le fait

est que cartésiens et newtoniens regardaient, en même temps, les mêmes

phénomènes, mais ils voyaient des choses différentes. Les tentatives de fondre

les deux perspectives, au nom d'une matrice métaphysique supposée commune,

n'ont certes pas manqué, mais il s'agissait de deux regards trop différents pour

pouvoir être compatibles. Cela apparaît clairement quand on constate les

effets que ces deux visions simultanées et opposées produisaient sur le terrain

des doctrines philosophiques et religieuses. Là aussi, les vues étaient aux

antipodes et engendrèrent un débat enflammé, qui vit Leibniz au centre d'un

réseau d'argumentations mais aussi d'insinuations et les jésuites du Journal

de Trévoux , spectateurs attentifs et loin de rester indifférents aux enjeux de la

polémique. Le présent ouvrage, qui rassemble et développe quatre conférences

tenues à l'École pratique des hautes études, se propose de reconstruire cette

histoire dans sa complexité. Il le fait avec une attention particulière à la scène

parisienne, dans laquelle l'éminent savant cartésien Joseph Privat de Molières

doit subir les attaques du jeune newtonien Pierre Sigorgne, mais aussi en

privilégiant le regard d'un malebranchiste destiné à une brillante carrière à

Turin et à Rome, Hyacinthe-Sigismond Gerdil, qui, dans sa réfutation de Locke

et dans la résistance qu'il oppose à Newton, exprime un point de vue partagé

par de nombreux philosophes et savants français de son époque.

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