L'horreur qui nous prend au visage : l'Etat français et le génocide : rapport de la Commission d'enquête citoyenne

L'horreur qui nous prend au visage : l'Etat français et le génocide : rapport de la Commission d'enquête citoyenne

L'horreur qui nous prend au visage : l'Etat français et le génocide : rapport de la Commission d'enquête citoyenne
Éditeur: Karthala
2005587 pagesISBN 9782845866201
Format: BrochéLangue : Français

En 1994 s'accomplissait au Rwanda le dernier génocide du XX<sup>e</sup> siècle. En

trois mois, un million d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants étaient

exterminés uniquement parce qu'ils étaient Tutsi. Il est vite apparu que la question

des responsabilités françaises était incontournable. La France a en effet

soutenu un régime fasciste qui couvait l'idéologie et les forces du génocide,

puis ces forces en train de commettre l'abomination, avant de favoriser leur

repli et leurs préparatifs de «revanche». Les voix qui dénonçaient en France

ce sinistre scandale ont été vite étouffées par une chape de plomb politico-militaire

et une désinformation incessante.

En 1998 cependant, les révélations du journaliste Patrick de Saint-Exupéry

contraignaient une Mission d'information parlementaire à soulever le couvercle,

mais pour conclure seulement à une «erreur» d'appréciation politique,

en dépit du contenu même de son Rapport. Un ensemble d'associations et de

citoyens a estimé ne pas pouvoir laisser dans un tel déni la commémoration des

dix ans du génocide. Ils ont organisé, du 22 au 26 mars 2004, une Commission

d'Enquête Citoyenne (CEC), appuyée par plus de huit mille signatures. Cette

semaine intense de travaux et de débats est retranscrite dans le présent

ouvrage : rapports, documents (pour certains inédits), paroles d'experts, de rescapés

et de bourreaux se prolongent dans les échanges de la Commission.

Les membres de la CEC, même ceux qui connaissaient très bien le sujet,

ont été saisis d'effroi et de dégoût devant ce qui ressort d'un tel faisceau de

preuves et d'informations : leur pays est inextricablement mêlé à un génocide.

Réfléchissant, décidant et agissant comme si ce génocide n'était qu'un phénomène

collatéral d'une guerre civile, les responsables civils et militaires de la

France ont favorisé de fait son accomplissement. Notre pays ne veut toujours

pas le savoir, ni assumer ses responsabilités, ni demander des comptes à ses

plus hauts dirigeants.

Au printemps 2004, la CEC n'a pas été seule à relever cette évidence.

Désormais, il y a deux attitudes incompatibles. Certains continueront de considérer

que la raison d'État doit protéger le noeud politico-militaire engagé dans

un génocide, dans le sillage d'une doctrine qui a des accointances avec tous les

fascismes. Pour d'autres, la mémoire des victimes rwandaises, les leçons de ce

génocide après celui des Juifs où l'État français s'était déjà trouvé compromis,

la prévention de futurs crimes de masse, en Afrique ou ailleurs, l'avenir de la

démocratie en France, imposent de faire la vérité et d'y restaurer des contre-pouvoirs.

La lecture de ce livre peut contribuer à accroître le nombre des

citoyens qui refusent l'intolérable.

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