Interstices, n° 4. Enseignement supérieur, tradition et gouvernance : le cas de l'université Karaouïn-Fas

Il est intéressant, à partir de l'ouvrage daté de 1889 de G. Delphin sur l'université
musulmane de Fès, de présenter et d'examiner l'organisation de l'enseignement
supérieur musulman au Maroc et son mode de fonctionnement et de gouvernance
avant le Protectorat, ouvrage qui s'est inspiré des travaux et
des publications qui contenaient des détails sur la ville de Fès, et dont
les auteurs ont été naturellement amenés à parler de son importante université
: la Karaouin. Cette Université a connu depuis sa création une évolution
et un développement qui ont atteint tous les secteurs, amortissant les
pesanteurs de l'histoire et empêchant de s'installer toute forme d'inertie, grâce notamment
à son mode de fonctionnement traditionnel et à sa gouvernance. Les structures de
gouvernance se sont adaptées à travers le temps à la nouvelle donne des systèmes,
mais ont aussi tenu compte, notamment aujourd'hui, d'un contexte international encore
plus compétitif et d'une exigence accrue à la contribution au développement national,
social et économique. Cette réédition de l'ouvrage de G. Delphin a été augmentée
de photos et cartes postales anciennes, tout en respectant le texte d'origine.
La revue «Interstices» à parution semestrielle est l'entreprise de chercheurs francomarocains.
Elle a pour but la diffusion des résultats de la recherche et des débats dans
les champs de la culture (art, littérature, innovations culturelles,...), l'éducation (éducation
et culture dans le monde, francophonie, communication interculturelle, formation et lien
social..) et la société (connaissances et pratiques liées aux événements personnels, collectifs et
historiques, mémoires et transmission, développement social,...).
Revue scientifique pluri-disciplinaire et inter-disciplinaire, elle aspire à une meilleure compréhension
d'espaces complexes et divers situés aux interstices des sciences de l'Homme, à une
intelligente approche du réel, en comblant ses propres interstices. Ou bien encore à l'étude des
phénomènes qui impliquent le discret, la fracture, la faille,... qui laissent la place au doute, donc
à la recherche. Un mur lisse, égal, n'offre guère de prise. Il faut un vide entre deux briques pour
qu'une nouvelle s'intercale, qu'un outil se glisse. Une science sans interstice, complète, serait une
discipline éteinte, une doctrine fossilisée. Après tout, la science avance de manière granuleuse,
par inférences, par à-coups. Entre deux percées, il y a nécessairement une attente, mieux, un
mûrissement, toute son histoire est celle d'un incessant comblement du sens.
En plus d'appréhender et d'élargir notre conception de la réalité, d'enrichir les connaissances
et de combler les espaces interstitiels, la revue «Interstices» en faisant interagir les disciplines,
leurs concepts et leurs méthodes, proposera des instruments de travail novateurs et critiques à
destination de chercheurs de domaines multi-disciplinaires.
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