Le passager. Berlin revisité

Le passager. Berlin revisité

Le passager. Berlin revisité
Éditeur: Rocher
2003128 pagesISBN 9782268045009
Format: BrochéLangue : Français

Le passager, fasciné par ce qui se passe à nos portes et dont

personne ne semble se soucier, entreprend de voir par lui-même

les choses depuis l'intérieur des terres de la défunte

République démocratique allemande aux prises avec la nouvelle

«unification sacrée» et nous en rend compte pas à pas.

William Cliff, poète qui tout au long de son oeuvre a

arpenté et interrogé inlassablement le monde, nous donne

ici, après La Sainte Famille , son deuxième roman, issu d'une

longue errance au coeur des anciennes terres de l'Est.

«Un train pour Rostock était à quai. La machine, de

fabrication soviétique, vrombissait sourdement. L'on siffla le

départ. Le moteur à mazout se mit à gronder à toute force

et entraîna le convoi vers l'ancienne Allemagne de l'Est.

«J'essayais de voir l'endroit où le train franchit l'ancienne

frontière. N'était-ce pas ici ? Où tout à coup le paysage

n'offre plus rien qu'une grande lande ? Ici sans doute

se dressaient les fameux miradors. Et ces longs poteaux de

bois, tous les mêmes, avec une laide lampe à leur sommet

couverte d'un disque noir, oui, je les reconnais, pour les

avoir déjà vus jadis en allant à Berlin. Nous roulons sur

le réseau de la ci-devant Deutsche Reichsbahn, on le

remarque aux gares, aux signaux, à toute la pauvreté, toute

la vétusté, la laideur du matériel et des maisons. Le paysage

lui-même semble imprégné de quelque chose de triste, de

négligé, d'irrémédiable.

«"Les croupes lacustres de la Baltique", lit-on sur les

atlas. En effet, nous n'avons plus ici la grande plaine alluvionnaire

de la mer du Nord mais des renflements couverts

de bouleaux et d'herbes sauvages ; la terre, dans ses

commotions, quand elle fit la fosse qui s'appelle aujourd'hui

la mer Baltique, a laissé des restes de ses mouvements

: ces croupes, et aussi ces lacs nombreux, qui

donnent quelque variété au paysage.

«Le train s'arrête dans des villes aux noms tout à fait

inconnus, villes qui, vues du train, font mal au coeur, et dont

on a peine à imaginer quelle vie a été la leur pendant tout

ce long temps, les longues quarante années de ce régime.»

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