Moto 2004

Il l'a fait ! Plus vite encore que Michael
Schumacher qui, en cinq ans, avait permis à Ferrari
de retrouver son lustre d'antan en Formule 1, après
21 ans d'attente, Valentino Rossi a lui réussi la
gageure de ressusciter Yamaha... en seulement
douze mois ! Alors qu'elle n'avait pas gagné la
moindre épreuve l'année dernière, la firme aux
diapasons a brutalement renoué avec son glorieux
passé et décroché un nouveau titre mondial, 12 ans
après celui de Wayne Rainey. Vainqueur dès sa
première apparition, en Afrique du Sud, l'équilibriste
d'Urbino a écrasé, éclaboussé, laminé, écoeuré, bref
surclassé tous ses adversaires. Infirmant les propos
de Honda, qui avait iniquement lancé l'an passé que
les victoires de Rossi étaient dues à sa machine,
l'étoile italienne a scintillé comme jamais. Et ni les
Gibernau, Biaggi, Tamada, Barros et autres Hayden
ne sont parvenus, de près ou de loin, à faire de
l'ombre à ce pilote d'exception.
Car quelle claque ! Et quelle leçon... cette
fois encore, Valentino Rossi a su développer tout
autant l'art que la manière. Au-delà de ses neuf
nouvelles victoires, Rossi a imposé sa maestria, sa
virtuosité, son panache et sa classe. A l'image de ce
succès en Malaisie qu'il a ponctué par une facétie
bien à lui (il a balayé la piste devant sa Yamaha dans
le tour de décélération) en réponse à la pénalité
qui lui avait été infligée injustement lors du Grand
Prix précédent.
A 25 ans, le sextuple champion du monde
est un phénomène incomparable et inégalable.
Unique au genre. Seul au monde. D'ailleurs, à
force de tourner autour des autres, il risque de se
frapper lui-même d'ostracisme et de se condamner,
à terme, à un exil forcé, quoique doré. Trop fort
pour les autres, il devra trouver d'autres terrains
de jeux et d'autres sources de motivation. En tout
cas, n'en déplaise à ses rivaux, il honorera en 2005
sa deuxième et dernière année de contrat chez
Yamaha. Et après...