Cahiers : 1894-1914. Vol. 10. 1910-1911

Cahiers : 1894-1914. Vol. 10. 1910-1911

Cahiers : 1894-1914. Vol. 10. 1910-1911
Éditeur: Gallimard
2006518 pagesISBN 9782070776894
Format: BrochéLangue : Français

Les années 1910-1912 constituent dans l'oeuvre de Valéry une période

charnière. Cahiers, blocs-notes et carnets mettent en évidence les voies

diverses où il commence à s'engager. Relégués désormais les grands registres,

les cahiers de petit format prennent la relève en 1910. Recueils de

notes rédigées, ils ont presque le statut d'oeuvre à publier. Valéry s'installe

dans le texte en fragments d'allure littéraire. Il écrit ou ébauche

des pages qui paraîtront dans les années vingt : ainsi le «Log-book de

M. Teste» - Teste, héros jamais perdu de vue ; ainsi les fragments recueillis

dans la plaquette Au crayon et au hasard , puis dans Rhumbs en 1926, et

le Cahier B 1910 , d'abord reproduit en phototypie. Le manuscrit original,

calligraphié, porte les marques de la première lectrice : dans les années

vingt, Catherine Pozzi (Karin) sigla de son paraphe CK (ici reproduit) les

passages qu'elle appréciait. Rythmant le texte, cette effraction est la trace

de l'aventure intellectuelle et affective qui s'est alors jouée.

En 1911 Valéry revient, dans des blocs-notes, aux grands axes de sa

réflexion : la relation esprit-corps, le langage, le temps, et surtout le rêve

dans le cahier «Somnia». S'il connaît alors sans doute, de seconde main,

le Freud de la Traumdeutung révélée par des comptes rendus, Valéry ne

cherche pas une «interprétation» des rêves, mais des lois conduisant à une

théorie générale liée à sa conception combinatoire du fonctionnement de

l'esprit.

Deux carnets de poche éclairent cette période et apportent des repères

biographiques. Ils montrent un Valéry au quotidien notant des achats,

des adresses d'amis, des rendez-vous. Appartenant à un corpus naguère

ignoré, ils révèlent les impressions, idées, formules de premier jet qui

sont germes de textes. Gênes et ses rues animées, Florence et ses édifices

célèbres s'inscrivent dans le carnet «Genoa» rédigé durant un séjour

en Italie, et riche de croquis : des statues de Michel-Ange, un portrait de

Raphaël, le palais Pitti. Le vécu personnel, sensoriel, affectif, intellectuel

s'y inscrit, donnant bientôt naissance à des proses poétiques. Ce qui

se cherche ou se pressent, dans ces années, c'est l'expression plus libre

d'une sensibilité affleurant au sein même de la pensée abstraite.

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