Chez nous, c'était le silence

Pour son premier roman Chez nous, c'était le silence , Roula
Azar Douglas a choisi, à partir de situations et faits réels
du Liban, d'éclairer sans faux-semblants la violence et donc
de la dénoncer. D'abord celle de la guerre, la guerre du
Liban des années 86 - mais malheureusement les drames
ne se répètent-ils pas ? - avec les dégâts incommensurables
sur les personnes mêmes, blessées dans leur chair et leur
esprit, mutilées, tuées. Mais aussi la guerre conjugale, plus
pernicieuse, celle qui se déroule au sein de certains couples
marqués par une relation vicieuse et brutale de dominant-dominé(e)
frisant la bestialité.
De fait, comme le livre de Roula Azar Douglas s'y emploie,
n'est-il pas temps de dire tout haut ce que les bonnes manières
traditionnelles de «chez nous» ont toujours voulu étouffer en
minimisant l'impact, de soulever enfin la chape de silence qui
neutralise et fragilise les victimes déjà meurtries ?
Car une fois la violence dénoncée, condamnée et bannie,
ne peut-on pas rêver, comme l'héroïne de Chez nous, c'était le
silence , d'un monde basé sur le respect et l'humanité...