Ce qu'ils auraient fait de l'Alsace-Lorraine... : les plans de germanisation pendant la guerre d'après des documents officiels allemands, l'école et l'Eglise, la conférence de Bingen et la colonisation, le futur régime constitutionnel, le programme du maréchal von Hindenburg

Ce qu'ils auraient fait de l'Alsace-Lorraine...
A leur entrée dans les villes et les villages
d'Alsace en 1918, les soldats français
lisaient ces mots partout répètes : « Merci à nos libérateurs » . Libérés, par les soldats
de l'Entente, d'une domination chaque jour plus
pesante, les Alsaciens-Lorrains devinaient que
le militarisme prussien avait rivé, dans l'ombre,
pour l'avenir, des chaînes plus lourdes encore.
[...] Si la guerre avait été courte... [...] mais
la guérie a duré : les gouvernants allemands ont eu le temps
d'écrire l'angoisse que leur causait, des août 1914, le problème
alsacien, et de cette angoisse, qui allait croissant, ils n'ont pas
eu le temps de faire disparaître le témoignage. De cette inquiétude il nous est possible, désormais, d'en donner le témoignage
authentique, irréfutable que l'Alsace était, pour les gouvernants
allemands, un « pays ennemi » - ils l'ont écrit - et qu'après
quarante-quatre années de contact, ils étaient arrivés a cette
conclusion qu'il faudrait profiter de la force, que donne l'occupation militaire avec ses lois d'exception, pour la germaniser.
Je me contenterai, aujourd'hui, d'esquisser très brièvement
leurs plans de germanisation du Pays d'empire [qu'était l'Alsace-Lorraine depuis 1870]. - Extrait de l' Avant-propos de l'édition originale de 1919.