Dessine-moi une métaphore : hommage à Georg R. Garner

«Dans toute perte, dans toute mort, ce n'est pas un objet qui est perdu,
tout comme ce n'est jamais un objet unique qui est désiré, mais tout
un réseau trans-frontalier, qui passe de l'intérieur vers l'extérieur, qui fait
objet et qui est constitué de plusieurs objets, de sentiments, d'odeurs,
de bruits, d'expectations, de promesses et de souvenirs. Dans la perte,
ce n'est pas un mot qui est biffé d'un texte dans un seul contexte, dans une
seule phrase, sur une seule page, c'est un groupe de mots, tous les éléments
d'un réseau qui tombe, disparaît, ou qui est vidé de sens dans tout le texte,
phrase après phrase, paragraphe après paragraphe, page après page,
rendant des chapitres entiers illisibles et incompréhensibles. Le deuil serait
alors la réécriture lente et pénible de ce texte, avec d'autres mots, tout
en gardant une trame du récit qui pour l'essentiel reste la même.»
(Extrait du séminaire de Georg R. Garner «Ces sphinges qui veillent
sur la ville», décembre 1996.)
Réunis à l'initiative de Corinne Alexandre-Garner, les textes qui
composent ce recueil ont un même centre de gravité : l'oeuvre restée
inachevée d'un auteur inventif, rigoureux et chaleureux. On a ajouté
le canevas de deux séminaires ( Le Petit Prince et Peter Pan ) portés
par l'idée que «La psychanalyse ne peut pas se faire [...] sans une
constante métaphorisation» - d'où : Dessine-moi une métaphore.