Les passagers

Un tramway flambant neuf traverse une ville, ou plutôt la ville, en soi, dans un film qui emprunte à la fable sa forme et sa force. Forme du poème qui prend les chemins de traverse, force de l'allégorie qui confère au particulier la dimension morale de l'universel. De quoi s'agit-il ? D'un pari poétique : le cinéaste ne déroule pas le fil d'une histoire ordonnée, il accompagne ses Passagers, passant de l'un à l'autre, dévoilant des bribes de vies qui se croisent ou s'ignorent, c'est selon. Cela donne au film l'allure d'une pièce de forme libre, chaque scène surgissant comme une strophe autonome, à la versification renouvelée. L'émotion ainsi tressée est le terreau d'une méditation sur les bonheurs et les misères d'un monde qui est en définitive le nôtre.
L'étude est accompagnée des dialogues du film et d'un ensemble de documents qui éclairent la genèse des Passagers.