Derrière les apparences

Sa tête retombe de côté, et sa bouche reste un peu ouverte, lui donnant cet air d'innocence trop pure pour être normale. Ses mains bougent lentement cherchant à l'aveugle un objet à attraper, et la douceur de ses gestes est trop vague pour être normale. Ses yeux balaient l'espace et leur trajectoire est trop libre pour être normale.
Il y a toujours un petit « trop » pour m'égratigner le coeur. Mais bon, être normal, c'est banal. Être anormal, ça cloche. Être hors-norme, c'est mystérieux. Comme un artiste un peu fou qui semble branché sur un monde qu'on ne voit pas.
C'est tout Philippine, ça.
¤ Sophie Lutz a reçu pour son premier livre , Philippine, la force d'une vie fragile (Éd. de l'Emmanuel, 2007) le prix de l'humanisme chrétien en France et le prix Donna è Vita en Italie.