Alternatives Sud, n° 1 (2018). Droites militantes et mobilisations réactionnaires : points de vue du Sud

Points de vue du Sud
Montée en puissance de nouvelles droites militantes, identitaires, néolibérales ou ultra-conservatrices, résurgence des communautarismes
et des ethno-nationalismes, essor des fondamentalismes religieux...
À rebours des luttes émancipatrices qui ont fleuri dans le Sud au cours
des dernières décennies, les mouvements réactionnaires ont aujourd'hui
le vent en poupe. Gardiens de l'ordre moral, nostalgiques d'un passé
fantasmé, pourfendeurs de l'universalisme des droits humains et
adversaires de l'État social, ils ont consolidé leur assise populaire, au
point d'être désormais en mesure de peser sur l'agenda politique, voire
de faire et de défaire des gouvernements.
Marqueurs de l'explosion des inégalités, de la dissolution des tissus
sociaux et du brouillage des repères culturels, religieux et identitaires,
engendrés par l'ouverture indiscriminée des marchés, ces « contre-mouvements » sociaux exploitent les ressentiments des perdants de
la mondialisation au profit d'intérêts particuliers ou de groupes
dominants. Çà et là, ils tirent parti du recul des forces progressistes et
de la disparition des discours qui structuraient l'imaginaire politique
des classes sociales. En ce sens, ils constituent un inquiétant indicateur des évolutions en cours et de l'état des rapports de force. Ferment
de nouvelles divisions, cette offensive réactionnaire prolonge la révolution conservatrice et néolibérale des années 1980 et consacre la difficulté
des gauches à proposer un nouveau projet émancipateur.