La criminalité féminine

Les femmes représentent 15 % des mis en cause, 10 % des condamnés
et 3 % des détenus. La criminalité féminine se caractérise ainsi par sa
marginalité, tout autant que par son atypicité. La propension criminelle
de la femme serait infime et limitée à certaines infractions spécifiques.
Malgré une égalité pénale formelle entre les hommes et les femmes,
leurs criminalités ne se confondent pas. Pour autant, elles ne sont pas non
plus totalement dissociables, les facteurs criminogènes étant semblables
quel que soit le sexe de l'auteur de l'infraction. Si certaines infractions sont
plus spécifiquement féminines et d'autres plus généralement masculines,
la nature de la criminalité ne diffère guère. Tel n'est pas le cas du volume
de la criminalité qui se différencie considérablement en fonction du sexe.
Contrairement au droit pénal, qui s'illustre par son indifférence au sexe des
auteurs d'infractions, la réaction pénale à la criminalité n'est pas totalement
neutre. L'homme et la femme font l'objet d'un traitement judiciaire et
pénitentiaire différencié. Dès lors, le sexe de l'auteur d'infraction n'est pas
une variable indifférente au pénaliste puisqu'il a une influence sur le passage
à l'acte criminel et sur la réaction pénale à la criminalité.