Pascal et Arnauld

En 1646, Pascal commence à lire les ouvrages d'Arnauld. Dix
ans plus tard, par les Provinciales , il prend brillamment sa
défense. Il met sa plume au service d'Arnauld et s'engage dans une
collaboration qui produira, entre autres textes, les Écrits des curés
de Paris. On s'est beaucoup intéressé à Arnauld, plus encore à
Pascal, mais les relations des deux hommes restaient peu connues.
Deux pensées fortes, souvent opposées, deux personnalités affirmées,
dont aucune n'écrase l'autre. De tous les collaborateurs
d'Arnauld, Pascal est sans doute le seul qui ne se soit jamais senti
à son égard dans une situation subalterne. Les différences entre
leurs pensées ne font que croître, en philosophie, en logique, en
mathématiques, et peut-être même en théologie. Mais la vivacité
de leurs désaccords n'empêche pas que leurs relations restent amicales.
La confiance et le respect qu'ils ont manifestés l'un pour
l'autre ont masqué aux yeux des témoins la plupart des divergences,
qu'il faut pourtant constater pour mieux cerner l'originalité
de l'un et de l'autre. Il reste que les désaccords dans l'ordre des
esprits ne détruisent pas l'amitié, qui est de l'ordre de la charité.